Roumégoux, Cantal
Patrimoine, Histoire & Culture

  • Rénovation des cloches de l'église Saint-Pierre Saint-Paul
    08/09/2014

    Le projet de restauration des cloches de notre église paroissiale a débuté le 29 octobre 2010, date de la première délibération du Conseil Municipal, qui a été alerté par L'entreprise CESSAC chargée de l'entretien de celles-ci : dysfonctionnement des moteurs, mauvais état des jougs et des battants ont été principalement relevés. Un premier devis de réparation de nos vénérables cloches qui ont été fondues en 1536, 1852 et 1889, a permis de solliciter l'octroi d'une aide exceptionnelle de 5000 € dans le cadre de la réserve parlementaire de Mr le Sénateur Jacques MEZARD.

    La Cloche la plus ancienne, située au centre du clocher est classée à l'inventaire de monuments historiques , aussi le dossier a été confié à Madame BREUIL-MARTINEZ Véronique, conservateur des antiquités et objets d'art du CANTAL. Par l'intermédiaire de son service : Direction du Développement du Territoire au Conseil Général , Mr Régis SINGER, technicien capanaïre à la Direction centrale à PARIS, a été contacté et a effectué une visite de notre installation le 20 juillet 2011 afin d'établir un rapport sur l 'état de ce mobilier permettant la rédaction d'un cahier des charges. Un appel d'offres auprès de 3 entreprises spécialisées a été réalisé en juin 2012 et les propositions analysées par Mr SINGER. Signalons le remarquable travail (descriptif et préconisations ) fourni à cette occasion par ce technicien hautement qualifié.

    Sur son avis et dans les meilleures conditions financières et techniques, le Conseil Municipal décide de confier les travaux de rénovation des cloches à L'Entreprise BODET le 14 novembre 2012.
    La Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) donne son accord d'autorisation des travaux le 26 février 2013.  

    Pour le suivi et l'aide très appréciée de Madame Guilaine PONS, de la Direction du développement du territoire au Conseil Général, les dossiers complémentaires de demandes de subvention sont adressés à la DRAC AUVERGNE, au Conseil Régional et au Conseil Général du CANTAL .La Paroisse Saint-Laurent en Châtaigneraie participe au financement pour un montant de 1200€. Suggéré par Mr Alain VALADOU, Conseiller Municipal, l'aide du Crédit Agricole, dans le cadre de la conservation du patrimoine, est sollicitée : un don de 1500€ vient conforter cette opération.

    Les financements sollicités ayant été obtenus, l'ordre de service est donné à l'entreprise BODET le 05 novembre 2013 et un planning des travaux établi avec cette entreprise. C'est ainsi que la cloche classée est déposée fin janvier 2013 et acheminée à l'usine où elle est mise à l'état pâteux afin de lui redonner les caractéristiques qu'elle avait à l'origine. Courant le mois de mai 2014, la cloche MH reprend sa place dans notre clocher et du 19 au 21 mai, les 2 autres cloches sont rénovées sur place.

    Finalisée par la nouvelle équipe Municipale conduite par Mr Christian LACARRIERE, maire, cette opération a coûté 17000€ HT et obtenu 80 % d'aides diverses. D'un commun accord, nous tenons à remercier tous nos partenaires qui nous ont aidé dans la réalisation de ce projet , tant sur le plan financier que sur le plan technique et administratif .Ce projet a pu être mené à bien grâce au concours de tous , soutenu localement par Mr L'abbé JOLY, de la paroisse Saint-Laurent et par Mrs DELPUECH et GAUZINS, respectivement Directeur et Président de la Caisse locale du Crédit Agricole , en étroite collaboration avec les conseillers municipaux et une réalisation des travaux remarquable par l'entreprise BODET.

    Roland Vidal

  • L'expertise des cloches de l'église
    24/10/2014

    A propos de l’entretien de notre patrimoine : L’église du bourg St Pierre et St Paul et la chapelle du Bourniou dédiée à la vierge Marie.

    Récemment, un état des lieux a été effectué par un technicien (un campanologue pour être précis) diligenté par le CG15 afin d’ausculter les cloches et en particulier celle classée aux MH et qui date de 1536 (bientôt 500 ans … encore un anniversaire à fêter !)

    L’état de cette cloche laisse à désirer tant au niveau de la bélière, que du baudrier et du battant. Celui ci, trop dur, use le rebord de la cloche ; il manque d’ailleurs 15 % du métal à l’endroit de la frappe. Et pourtant son épaisseur est de 4,8 cm pour un diamètre de 72,5 cm et une hauteur de 67 cm. Cela engendre un poids respectable pour cette « clochette » 210 kgs !

    Cette cloche est remarquablement illustrée d’écritures et de dessins. Au niveau des écritures on peut lire (en latin ancien…) :
    « Jésus Marie Saint Pierre priez pour nous … Saint Antoine protégez nous de la foudre et de la tempête… défendez nous Seigneur »

    Au niveau des dessins ce sont des effigies et de l’Est vers le Nord on peut voir Saint Antoine et ses attributs : un tau, une petite cloche et une tête de cochon. Un Saint portant mitre avec une croix et bénissant. Un Christ se hissant du tombeau, triomphant.

    Puis à l’Ouest, une Vierge à l’enfant entourée de Ste Barbe avec sa tour et St Barthélémy avec l’instrument de son supplice, un couteau, car on lui a retiré sa peau ; puis un Saint isolé tenant un calice de la main droite et une palme dans la gauche. Au Sud, St Jean Baptiste portant un plat avec l’agneau pascal et au Sud Est, St Michel terrassant le dragon.

    Cette cloche, dont malheureusement on ne connaît pas le nom du fondeur, était remarquablement accordée pour l’époque et son auteur, un artiste, vu le grand soin apporté aux décors et aux inscriptions (un vrai livre d’image pour les paroissiens d’alors)

    Ainsi et tout récemment, c’est le traitement au xylophène de la statue de St Joseph qui a été réalisé par une per sonne soucieuse de la bonne conservation du mobilier de l’église ; et c’est un autre intervenant qui a rescellé la croix positionnée dans le petit jardin communal, à coté de l’église et qui présentait un danger car son glissement sur son socle aurait pu blesser tout un chacun et en particulier les enfants qui jouent ici.

    Au Bourniou, ceux qui fréquentent la chapelle, auront remarqué la mise à disposition d’un livret explicatif de l’historique du monument ainsi que d’un carnet de témoignages. Ils ne sont pas arrivés par la seule intervention du St Esprit… !

    Et avec ce grand beau temps, nos églises sont ouvertes, elles respirent et se ventilent là encore grâce au St Esprit …et à celles qui l’aident dans ces tâches quotidiennes …

    Merci donc à celles et ceux qui se préoccupent du bien commun et de notre patrimoine collectif.

  • L'immigration auvergnate en Bretagne du XVIIème au XXème siècle
    04/11/2014


    Le saviez vous ? Pendant plus de 350 ans, des auvergnats, et en réalité, essentiellement des cantalous, ont émigré en Bretagne, dans le
    Finistère, et plus particulièrement dans le secteur de Quimper, Concarneau et Pont l’Abbé. 

    Trois siècles durant, ces cantalous, dont certains bien de chez nous car de Roumégoux, ont fait le voyage à pied ou à cheval, mais pas en voiture, et pour un parcours d’environ 700 kms.Ils partaient pour exercer leurs talents de chaudronniers ambulants, de marchands de toiles ou de parapluies, et de sabotiers, dès lors que leur pays ne pouvait suffire à nourrir tout le monde. Au XVIII ème siècle, un millier de ces cantalous vivaient autour de Quimper.
    Suzanne Cardaliaguet, fille du sabotier Guillaume, se marie à Pont l’Abbé avec Pierre Benech, natif de Sansac de Marmiesse . Par contre, son père et ses oncles avaient pris femme sur place ; de même que les frères François et Hilaire Capmau, roumégaïres mais mariés avec des demoiselles de Quimper ; et enfin Adrien Veyers, toujours un roumégaïre, marié à Ploaré, avec Jeanne Gueguen.
    Comme chacun sait, il ne faut pas avoir les 2 pieds dans le même sabot et nos sabotiers évoluent vers « l’aristocratie des marchands de draps ». Et les voilà négociants d’étoffes et de tissus, comme les velours bleus, les frisons, les taffetas noirs, les siamoises, les draps de Vire, etc.. Cette réussite se traduit aussi par une activité de prêteur d’argent ainsi que par les longues études qu’ils peuvent offrir à leurs enfants .Trois ans durant on trouve des fils Cardaliaguet, Lacarrière ou Roumégou à l’école des Arts et Métiers d’Angers. Le petit fils de René Cardaliaguet, le sabotier de Roumégoux, également appelé René, devient entrepreneur de serrurerie et vendeur de machines agricoles, 8 rue royale à Quimper, à la fin du XIX ème. Puis, l’arrière petit fils, appelé….René ! , devient lui Chanoine à Quimper. La généalogie ne nous livre pas le prénom de l’arrière arrière petit fils… ! Au cimetière de Pont l’Abbé on peut voir les tombes des 3 frères Cardaliaguet et de bien d’autres, comme Achille Lacarriere.
    Voilà en quelques lignes, l’histoire d’une époque de notre commune, d’un temps où les natifs n’hésitaient pas à s’exiler pour vivre et réussir, à accepter les mélanges des cultures, tout comme l’ont fait 4 siècles durant, les émigrés en Espagne, souvent des boulangers, mais cela est une autre histoire ….( voir bulletin numéro 2 et plus si affinités… !)

    Pour certains, la « campagne » ne durait que quelques mois, 18 très souvent ; mais pour d’autres, en association avec des membres de la famille, frères, parents, « pays », ce n’était pas un au revoir, mais plutôt un adieu.
    D’ailleurs avant le départ, les dispositions étaient prises, avec la signature des procurations (et pas que pour voter !) et du testament, au cas où…En effet, le voyage n’était pas toujours de tout repos, l’accueil des pays traversés pas toujours hospitalier, et les difficultés de se nourrir, de se soigner en terrassaient plus d’un. Ainsi, Jean Cardaliaguet, né à Roumégoux en 1764 (un de mes ancêtres maternels) est décédé de maladie à Quimper en 1786, à l’âge de 20 ans , juste avant la Révolution..
    Roumégoux a d’ailleurs beaucoup donné dans cette émigration et la famille Cardaliaguet en particulier. C’est ainsi que 3 frères, René, Antoine et Guillaume se sont installés dans les dépendances d’un manoir prés de Quimper, à la Coudraie en Tréméoc. Sabotiers, ils exploitent les hêtres, les frênes, les noyers, et les bouleaux des bois seigneuriaux par eux acquis. Cette activité les sédentarise et les amène à se marier soit avec des filles du pays pour renforcer leur implantation, soit avec des filles de leur pays, pour renforcer le clanisme auquel le monde rural a été très attaché, et de tout temps. 

    NDLR : les informations données ici proviennent des recherches de M. Serge DUIGOU et peuvent être approfondies en lisant son ouvrage intitulé « Nos ancêtres auvergnats : l’immigration auvergnate en Bretagne » aux éditions Ressac à Quimper.

     

  • Archives et infos
    04/11/2014

    Les commerces de Roumégoux…

    Des commerces à ROUMEGOUX ?  mais c’est une erreur, il n’y en a plus…et oui, hélas et c’est pour cela que je veux évoquer ici ceux qui existaient à la fin du 19ème siècle et donc dans les années 1890 et suivantes…

    A votre avis, combien il y avait- il de commerces à Roumégoux en 1900 ?

    • 5
    • 10
    • 20
    • plus

    Et bien il y en avait ... Vingt et un (21) !
    Et le plus représenté était bien sûr  l’aubergiste ! avec pas moins de 6 auberges.

    Mais où étaient elles situées ces auberges ? et bien chez vous, sûrement, car si les gens s’en vont, si les familles s’éteignent parfois, si les commerces disparaissent, les maisons, les vieilles maisons de pierre , elles ,elles restent . Encore faut il se souvenir de ce passé et en conserver la mémoire.

    Tout ce qui suit a donc été reconstitué avec l’aide précieuse de notre doyenne Mme Marcelle ALAZARD. (normalement cela ne se fait pas de donner l’âge des dames, mais ayant son autorisation, je précise que Marcelle ALAZARD aura 96 ans cette année…le 4 décembre …)

    Et comme vous pouvez le constater sur la photo de la dernière page de Roume-Echos, elle ne les fait pas !

    Les données de base relatives aux noms des commerçants et à leur activité m’ont été communiquées par Daniel BELAUBRE.
    Elles sont issues du dictionnaire du Cantal,… et non de sa mémoire…. ! qui, quoique fort bonne, n’est surement pas aussi sûre que celle de notre doyenne…

    Voici donc le nom des commerçants de 1900 et à côté, le nom de l’occupant actuel de la maison. Cette mise en correspondance a pu être faite grâce à Marcelle ALAZARD et ce fût un plaisir de voir avec quelle sûreté, quelle précision, elle a répondu aux questions que nous lui posions, Juliette, Jeannot et moi.

    •  Aubergistes :
      • LABRO maison actuelle Dilhac (de Siran)
      • LATOUR Caldemaison Gabrielle
      • LIMBERTIE Aubert Jean
      • VALADOU Alazard Marcelle
      • ROBERT Raberin à Montpaisir
      • RATIER Anselme à la Chapelle du Bourniou
    • Boucher :
      • PAUTARD Serrao Magdalena
    • Boulanger :
      • PAUTARD Serrao Magdalena

    • Epicier :
      • PAUTARD Serrao Magdalena
      • LAFON Vermeil Cécilia

    • Cordonnier :
      • RODES Balmisse-Coutaud

    • Menuisier-charpentier :
      • LAFON Vermeil Juliette
      • Charron PEYROT Tirabi Thierry
      • CANET Momboisse Pierre
    • Coiffeur :
      • PEYROT Tirabi Thierry
    • Couturières modistes :
      • Marie LAFON Roland Vidal
      • Eugénie TERS Lecadet-Beladj

    • Forgeron :
      • ALAZARD Alazard Marcelle

    • Maréchal-Ferrand
      • CAPMAU Caldemaison Gabrielle

    • Maçon :
      • BORDES

    • Sabotier :
      • PRATOUCY

    • Tabac :
      • CARDALLIAGUET Puech Janine

    Tout cela évolue vite car en 1920…combien étaient-ils nos commerçants ?  ..plus  ? ..moins ? autant ? et bien ils étaient  trente deux (32) ! Ceux  qui n’avaient pas changé, on ne les re-citera pas ; mais voici les nouveaux et ceux qui ont élargi ou changé leur activité.

    • Charcutier-Drapier :
      • PAUTARD maison actuelle Serrao Magdalena
      • BERTRAND Vermeil Laeticia

    • Cordonnier :
      • ROBERT Raberin

    • Menuisier-charpentier-charron :
      • MAZARGUIL Guibert Patrick
    • Couvreur :
      • GRANGE Grange Marcel

    • Chiffonnier :
      • BARRES Sandrone Colette

    • Galochier :
      • PRADEYROL Dourdou

    Et en 1940….. ?? ….et bien c’est la chute du commerce à Roumégoux….mais c’est aussi la guerre. Ils ne sont plus que 24 nos commerçants…Et je ne vous donne  que les nouveaux :

    • Cafetier : 
    AUBERT Irma Caldemaison André

    • Menuisier-charpentier-charron : 
    THEODORE Aubert Jean
    AUBERT Urbain Leybros Laurent
    BRUEL Lavest Anne

    • Coiffeur : 
    PEYROT Tirabi Patrick

    • Galochier : 
    VIDAL Carneiro

    Voilà quelques données sur ce qu’était le commerce à Roumégoux, le petit commerce, celui qui disparaît de nos communes au profit du « grand »…à ce propos vous pourrez lire ci après le document remis par Reine FABRE , commerçante sous le nom de Reine-Fleurs à Maurs et qui s’intitule : Comment meurt un village. C’est un poème….édifiant et triste….

    Comment meurt un village

    Le petit commerçant se lève dès l’aurore

    Il est là tout le jour et souvent tard encore

    Et quand le soir enfin, il ferme sa boutique, il sera pour certains

    Un sujet de critique.

    Et pourtant la journée n’est pas finie :

    Il lui faut ranger, calculer les prix, préparer ses achats

    Et garnir ses rayons et comptoirs.

    Demain, il recommence et il faut prévoir.

    Certes il a moins de choix que dans les grands magasins.

    Mais il peut conseiller, il connaît vos besoins, il s’intéresse à vous,

    Ecoute vos histoires et quand on est pressé, c’est lui qu’on va voir.

    C’est chez lui qu’on demande de mettre une affiche et c’est chez lui encore qu’on va parler avec son voisinage.

    Le nouvel arrivant se sent un peu moins seul

    Quand de son magasin il franchit le seuil.

    On dit qu’il vend plus cher que dans les grandes surfaces, mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit que ce n’est pas forcément vrai.

    Aussi quand il est trop tard pour sortir sa voiture, on va frapper chez lui

    quelques fois même après la fermeture.

    A trop vouloir courir après la mauvaise qualité des « prix bas », un jour les villageois n’auront plus qu’à se mordre les doigts.

    Les commerçants auront alors plié bagages et chacun sait ce que veut dire boutiques fermées.

    Voilà comment meurt le cœur et l’âme d’une commune ou d’un village français !

  • L'église de Roumegoux
    24/10/2014

    Elle est érigée au centre du village sur un monticule qui la rend bien visible depuis l’intersection des routes conduisant à Parlan d’un côté et à Saint-Saury et vers le Quercy de l’autre.
    Cette petite église est dédiée aux Piliers de l’Eglise, les Saints Apôtres Pierre et Paul. Elle est en parfaite harmonie avec les maisons du village qu’elle domine de son joli clocher à peigne où se balancent trois cloches.

     Restaurée depuis quelques décennies, ses toitures en lauze du pays et les pierres apparentes de ses murailles s’intègrent parfaitement avec les maisons du village l’enserrant quelque peu au sud-ouest.
    Au midi, elle est bordée par un petit jardin aménagé dans l’espace que fut autrefois le cimetière paroissial, transféré comme en bien d’autres endroits, à l’extérieur du bourg. De cet espace public on appréhende mieux l’aspect de l’édifice et ses différentes adjonctions. En effet, la date de 1827 sur le linteau de la fenêtre éclairant la sacristie accolée à la chapelle sud indique ce rajout au XIXe siècle.

    Lorsque l’on pénètre dans l’édifice par le porche percé dans le mur-clocher, typique de notre région, on découvre une petite nef séparée du chœur par un arc triomphal de style gothique, bâti de belles pierres de taille de granite.

    Le chœur est éclairé par deux fenêtres en arc brisé, surmontées d’un œil de bœuf, le tout aménagé dans le mur plat de l’abside. Celle de gauche est munie d’un vitrail représentant saint Paul et sur celle de droite on reconnait saint-Pierre tenant les clefs du paradis. Outre la piscine (l’illière) les murs du sanctuaire sont percés de niches, autrefois appelées armoires, dans lesquelles sont abritées entre autres, la belle statue de saint-Géraud provenant de la chapelle du Bourniou.

    Le chœur de forme presque carrée, est couvert d’une voûte à croisée d’ogive soutenue par des nervures en granit reposant aux quatre coins sur des culots de même. A la clef de voûte se voit un écusson dont les meubles ont été effacés, sans doute par un sablage trop radical lors de la rénovation de l’édifice. De ce fait, tout comme ceux des deux chapelles latérales, il est à présent quasiment illisible. On peut présumer qu’y étaient sculptées les armes de l’abbaye de Saint-Géraud dont l’église était une dépendance, mais cette hypothèse bien que paraissant logique, ne pourrait être vérifiée que par des photographies anciennes ou des relevés.

    La même énigme se pose pour les deux chapelles latérales donnant à l’église sa forme classique de croix latine. Toutes les deux sont voûtées par des croisées d’ogives en granit, avec clefs de voûtes armoriées, mais à présent indéchiffrables.

    Pour celles-ci cependant, les risques d’erreurs sont moindres. En effet, l’on connait les familles propriétaires des deux chapelles jusqu’à la révolution. Celle de gauche appartenait aux Montal de La Rocquebrou, seigneurs primitifs de Roumégoux. C’est donc l’écusson de cette puissante Maison qui devait figurer à la clef de sa chapelle.

    Quant au blason de celle bâtie au midi, c’était normalement celui de la famille de Durban propriétaire du XIIIe au XVe siècle du château de Roumégoux et de cette chapelle. Elle lui servait également de chapelle funéraire. Cette famille s’éteignit en 1460 par mariage dans celle de Méallet de Fargues qui de ce fait, en devint propriétaire.

    Il était d’usage lorsque survenait le décès du seigneur du lieu, ou d’un proche de celui-ci, de faire peindre tout autour de l’église, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, une litre funéraire. C'est-à-dire une bande noire sur laquelle figuraient les armes du dernier défunt. Or, en 1565, Dorde de Meallet seigneur de Fargues, s’était permis de faire effacer ou recouvrir la litre et les armes de Jeanne de Balzac, aïeule de Gilles de Montal ,seigneur de La Rocquebrou et de Roumégoux, ainsi que celles de Dorde de Montal son père…
    Afin d’éviter un grave conflit sur le point d’éclater entre les deux seigneurs, le différent fut réglé par une transaction reconnaissant que le seigneur de Montal « en cas de funérailhes et que quelqu’un de sa Maison mourroit, porra remectre ses armoiries et sainture funéraire toutes et quantes foys que bien luy samblera, plus haultes et supérieures que celles du seigneur de Fargues, et ledict de Mealet les y porra mectre quand bien lui samblera inférieures et au dessoubz d’icelles dudict seigneur de Montal, seigneur feudal dud. Roumégoux ».
    On peut regretter que le décapage complet de l’ensemble des murailles de l’édifice ait fait disparaître à jamais ces marques seigneuriales. Il permet cependant d’apprécier le travail et la réussite des artisans ayant reconstruit ou restauré l’église après son saccage et sa démolition par les protestants. L’ayant reconstruite avec ses matériaux laissés sur place, ils la remirent en état, telle qu’elle devait être avant sa destruction. C’était aussi un moyen d’effacer le triste souvenir des désolations passées. Ils y réussirent si bien que si ce n’était un acte notarié qui le prouve, on pourrait douter de cette reconstruction et dater l’édifice des XIVe ou XVe siècles. 
    Ce titre explique en effet, que le 15 juin 1583, messire Robert Lagriffol recteur de Roumégoux se rend au prieuré de Cayrols et déclare à Antoine de Naucaze, prieur du lieu, patron et collateur de la cure de Roumégoux que : « a cause des guerres civilles le gens de la nouvelle religion prétendue réformée se seroient emparés de plusieurs villes et chasteaux du présent pays, mesmes du chasteau et place de Roumégoux qui aurait esté détenu en leur pouvoir environ deux ans, commettant contre les catholiques tous actes belliqueux… etc. ruynant les esglises et entres aultres lieux auroient ruyné et mis a bas l’esglise parochielle dudict Roumégoux et maison presbytérale en laquelle ses prédécesseurs faisaient leur résidence…etc. »

    Il ajoute que de ce fait, il ne peut correctement administrer les sacrements, ni célébrer le service divin. Ayant commencé de faire réparer les bâtiments sus nommés, le curé ne peut continuer la besogne faute de moyens financiers. Il demande donc au prieur de Cayrols, d’autoriser l’aliénation d’un pré appartenant à la cure de Roumégoux et d’utiliser le produit de cette vente à la reconstruction de son église. 
    Après ces temps difficiles, l’église fut au cours des siècles qui suivirent, enrichie ou ornée de mobilier et statues en bois doré s’y trouvant encore, telles celles de saint Paul et de saint Pierre dans le chœur, ou celle de la Vierge et son beau retable dans la chapelle sud.

    Dans la chapelle nord a été réinstallé partie de l’ancien maître autel en marbre blanc dont l’église de Roumégoux, comme beaucoup d’autres de la région, avait été pourvue au XIXe siècle

    Outre l’église paroissiale, deux autres édifices religieux se trouvant sur la paroisse de Roumégoux furent aussi détruits par les protestants. C’est d’abord la chapelle du Bourniou située au croisement des routes conduisant vers le Quercy. Reconstruite, elle est dédiée de nos jours à Notre-Dame des Grâces. Elle avait été bâtie tout près de la fontaine ayant désaltéré les porteurs de la dépouille mortelle de saint Géraud, de Saint Cirgues à Aurillac.

    A peu de distance, sur la route de La Tronquière et passant par la Bastide du Haut-Mont, au village de Salvestre (Silvestre aujourd’hui) se trouvait une chapelle ayant rang d’église paroissiale avec ses fonts baptismaux et cimetière. Elle appartenait aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, (aujourd’hui Ordre de Malte), et était une annexe de la commanderie de La Salvetat. Après sa destruction par les huguenots, elle ne fut pas relevée, les habitants des villages qui en dépendaient furent ballotés entre les curés de Saint-Saury ou de Roumégoux qui, moyennant une pension payée par le commandeur de La Salvetat, voulurent bien les agréger à leurs paroissiens et leur administrer les sacrements. De cette église ne subsisteraient que le bénitier installé à l’extérieur de la chapelle du Bourniou ainsi que le récipient en cuivre martelé ayant servi de Fonts baptismaux et conservé en l’église de Roumégoux.

    Enfin, on signalera ,dans le clocher à peigne de l’église du bourg ,les trois cloches datant pour la plus ancienne celle du milieu ,de 1536 ;celle de gauche quand on regarde la façade d’entrée a été bénie en juin 1852 et c’est un don de la famille du Dr Jean Antoine Besairie, Jean Désiré Lacambre étant maire et Reine Cardalliaguet marraine ;enfin celle de droite ,baptisée Pierre et Paul, a été fondue en 1889 par les Ets Triadou à Rodez et c’est un don de la famille Pierre Valadou, maire.

    Article rédigé par M Lucien Gerbeau et que j’ai complété : Alain Valadou

  • Les trois églises de Roumegoux
    24/10/2014

    Et OUI, il y a eu 3 églises sur le territoire de la commune car la troisième, aujourd’hui disparue, sauf dans les mémoires ( ? ) et dans les archives , se trouvait à Sylvestre , il y a une double paire de siècles et même beaucoup plus , puisqu’elle existait dans les années 1500 , voire bien avant et donc au XIV ème siècle.

    La chapelle de Sylvestre était en fait la chapelle de Salvestre et Salvestre était le nom du village. Ce village dépendait en fait de la commanderie de la SALVETAT (créée elle, dans les années 1120), donc de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem. Ce nom, Salvestre, comme la Salvetat ou la Sauveté, ou Sauvetout, indique que ce lieu était un lieu de salut pour les voyageurs empruntant la route d’Aurillac à Latronquière.



    Le bénitier scellé de la chapelle du  Bournioux

     



    Le baptistère en cuivre avec la croix de l’Ordre de Malte

    Cette église a été ruinée pendant les guerres de religion, par les Huguenots, dans les années 1569 et si elle a survécu, elle n’a jamais complètement été relevée.
    Avant ces guerres, les curés de la Salvetat s’intitulaient recteurs de Saint Jean de la Salvetat, Salvestre et Villedieu (Villedieu était une autre maison de l’Ordre de Malte, située aux confins du Trioulou et de St Constant)

    Les habitants de Salvestre payaient donc la dîme et la rente au commandeur de la Salvetat, (aujourd’hui ils paient au percepteur), mais pour autant celui-ci, n’était pas enclin à rétablir la chapelle et à rétribuer son chapelain….encore une histoire de « gros sous » !
    Lors d’un contrôle effectué en 1737 par des chevaliers missionnés à cet effet, les habitants de Salvestre firent valoir l’existence de leur église, de fonts baptismaux et d’un cimetière.
    Pour ce qui est des fonts baptismaux, leur couvercle se trouve dans l’église de Roumégoux , surmonté de la croix de Malte.
    Et l’un des bénitiers, celui situé à l’intérieur de la chapelle du Bournioux, vient de la chapelle de Sylvestre.

    Pour poursuivre l’histoire des habitants de Sylvestre et de leurs démêlés avec le commandeur de l’Ordre de Malte, déjà, en 1682, ils avaient demandé leur rattachement à la paroisse de Roumégoux…se plaignant d’être quelque peu abandonnés…A noter qu’ils auraient pu aussi demander à être desservis par le curé de St Saury, et l’histoire montre qu’il y eut bien des aller et retour entre les 2 paroisses…
    Ainsi en 1739 le commandeur de la Salvetat fit agréger les habitants de Sylvestre à la paroisse de Roumégoux, moyennant une rétribution de 20 livres par an pour le curé du lieu : Antoine Esquirou.

    Mais cela n’en était pas fini pour nos pauvres paroissiens de Sylvestre, puisque ce bon curé Esquirou donna sa démission , et , en 1750 , les âmes de Sylvestre furent confiées au curé de St Saury , le sieur Gladines , mais pour 50 livres cette fois !….encore une affaire de sous .. !!
    Toujours est il que les paroissiens de Salvestre-Sylvestre sont revenus parmi nous et aux dernières nouvelles (septembre 2008) ils seraient satisfaits de leur rattachement actuel à la paroisse de Roumégoux et n’envisageraient plus de requête en la matière… (pour ce qui est de la dîme… , voir directement avec eux… ! ) 

    Voilà les quelques précisions que je puis vous donner à propos de l’église disparue de Sylvestre et pour plus de précisions sur ces histoires, je vous invite à lire dans la collection des ouvrages de la Haute Auvergne, le livre intitulé « la châtaigneraie cantalienne ». Il faut lire en particulier, la contribution de M.Lucien Gerbeau , relative aux bâtiments de la commanderie de Carlat, dont j’ai extrait ce qui précède.

    Alain VALADOU