Archives et infos

27/06/2017
Archives et infos

Les commerces de Roumégoux…

Des commerces à ROUMEGOUX ?  mais c’est une erreur, il n’y en a plus…et oui, hélas et c’est pour cela que je veux évoquer ici ceux qui existaient à la fin du 19ème siècle et donc dans les années 1890 et suivantes…

A votre avis, combien il y avait- il de commerces à Roumégoux en 1900 ?

  • 5
  • 10
  • 20
  • plus

Et bien il y en avait ... Vingt et un (21) !
Et le plus représenté était bien sûr  l’aubergiste ! avec pas moins de 6 auberges.

Mais où étaient elles situées ces auberges ? et bien chez vous, sûrement, car si les gens s’en vont, si les familles s’éteignent parfois, si les commerces disparaissent, les maisons, les vieilles maisons de pierre , elles ,elles restent . Encore faut il se souvenir de ce passé et en conserver la mémoire.

Tout ce qui suit a donc été reconstitué avec l’aide précieuse de notre doyenne Mme Marcelle ALAZARD. (normalement cela ne se fait pas de donner l’âge des dames, mais ayant son autorisation, je précise que Marcelle ALAZARD aura 96 ans cette année…le 4 décembre …)

Et comme vous pouvez le constater sur la photo de la dernière page de Roume-Echos, elle ne les fait pas !

Les données de base relatives aux noms des commerçants et à leur activité m’ont été communiquées par Daniel BELAUBRE.
Elles sont issues du dictionnaire du Cantal,… et non de sa mémoire…. ! qui, quoique fort bonne, n’est surement pas aussi sûre que celle de notre doyenne…

Voici donc le nom des commerçants de 1900 et à côté, le nom de l’occupant actuel de la maison. Cette mise en correspondance a pu être faite grâce à Marcelle ALAZARD et ce fût un plaisir de voir avec quelle sûreté, quelle précision, elle a répondu aux questions que nous lui posions, Juliette, Jeannot et moi.

  •  Aubergistes :
    • LABRO maison actuelle Dilhac (de Siran)
    • LATOUR Caldemaison Gabrielle
    • LIMBERTIE Aubert Jean
    • VALADOU Alazard Marcelle
    • ROBERT Raberin à Montpaisir
    • RATIER Anselme à la Chapelle du Bourniou
  • Boucher :
    • PAUTARD Serrao Magdalena
  • Boulanger :
    • PAUTARD Serrao Magdalena

  • Epicier :
    • PAUTARD Serrao Magdalena
    • LAFON Vermeil Cécilia

  • Cordonnier :
    • RODES Balmisse-Coutaud

  • Menuisier-charpentier :
    • LAFON Vermeil Juliette
    • Charron PEYROT Tirabi Thierry
    • CANET Momboisse Pierre
  • Coiffeur :
    • PEYROT Tirabi Thierry
  • Couturières modistes :
    • Marie LAFON Roland Vidal
    • Eugénie TERS Lecadet-Beladj

  • Forgeron :
    • ALAZARD Alazard Marcelle

  • Maréchal-Ferrand
    • CAPMAU Caldemaison Gabrielle

  • Maçon :
    • BORDES

  • Sabotier :
    • PRATOUCY

  • Tabac :
    • CARDALLIAGUET Puech Janine

Tout cela évolue vite car en 1920…combien étaient-ils nos commerçants ?  ..plus  ? ..moins ? autant ? et bien ils étaient  trente deux (32) ! Ceux  qui n’avaient pas changé, on ne les re-citera pas ; mais voici les nouveaux et ceux qui ont élargi ou changé leur activité.

  • Charcutier-Drapier :
    • PAUTARD maison actuelle Serrao Magdalena
    • BERTRAND Vermeil Laeticia

  • Cordonnier :
    • ROBERT Raberin

  • Menuisier-charpentier-charron :
    • MAZARGUIL Guibert Patrick
  • Couvreur :
    • GRANGE Grange Marcel

  • Chiffonnier :
    • BARRES Sandrone Colette

  • Galochier :
    • PRADEYROL Dourdou

Et en 1940….. ?? ….et bien c’est la chute du commerce à Roumégoux….mais c’est aussi la guerre. Ils ne sont plus que 24 nos commerçants…Et je ne vous donne  que les nouveaux :

• Cafetier : 
AUBERT Irma Caldemaison André

• Menuisier-charpentier-charron : 
THEODORE Aubert Jean
AUBERT Urbain Leybros Laurent
BRUEL Lavest Anne

• Coiffeur : 
PEYROT Tirabi Patrick

• Galochier : 
VIDAL Carneiro

Voilà quelques données sur ce qu’était le commerce à Roumégoux, le petit commerce, celui qui disparaît de nos communes au profit du « grand »…à ce propos vous pourrez lire ci après le document remis par Reine FABRE , commerçante sous le nom de Reine-Fleurs à Maurs et qui s’intitule : Comment meurt un village. C’est un poème….édifiant et triste….

Comment meurt un village

Le petit commerçant se lève dès l’aurore

Il est là tout le jour et souvent tard encore

Et quand le soir enfin, il ferme sa boutique, il sera pour certains

Un sujet de critique.

Et pourtant la journée n’est pas finie :

Il lui faut ranger, calculer les prix, préparer ses achats

Et garnir ses rayons et comptoirs.

Demain, il recommence et il faut prévoir.

Certes il a moins de choix que dans les grands magasins.

Mais il peut conseiller, il connaît vos besoins, il s’intéresse à vous,

Ecoute vos histoires et quand on est pressé, c’est lui qu’on va voir.

C’est chez lui qu’on demande de mettre une affiche et c’est chez lui encore qu’on va parler avec son voisinage.

Le nouvel arrivant se sent un peu moins seul

Quand de son magasin il franchit le seuil.

On dit qu’il vend plus cher que dans les grandes surfaces, mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit que ce n’est pas forcément vrai.

Aussi quand il est trop tard pour sortir sa voiture, on va frapper chez lui

quelques fois même après la fermeture.

A trop vouloir courir après la mauvaise qualité des « prix bas », un jour les villageois n’auront plus qu’à se mordre les doigts.

Les commerçants auront alors plié bagages et chacun sait ce que veut dire boutiques fermées.

Voilà comment meurt le cœur et l’âme d’une commune ou d’un village français !